L’ épisode du faux cul

Nana
Édouard Manet
1877

Étiré, transformé, modelé jusqu’à incarner parfaitement le caractère d’une époque, le corps féminin va connaître sa pire période dont le chrononyme est pourtant plutôt plaisant : La Belle époque !

En pleine expansion économique, technologique et culturelle, alors que la progression des mentalités et des connaissances révolutionne le statut de la femme et l’entraine vers l’émancipation inspirée par Colette et les suffragettes, la silhouette féminine, elle, est contrainte et torturée.

Encore une fois, la mode doit atteindre son paroxisme de l’excès avant de s’en libérer au siècle suivant en retrouvant une ligne plus simple et épurée.
Après une succession infinie depuis le début du siècle de différents corsets et paniers, cloches, crinolines et tournures, la silhouette prend la forme d’un S, rappelant les lignes courbes du style Art nouveau, le mouvement artistique parallèle.
De profil, la poitrine est propulsée en avant, le buste et la taille sont compressés dans un corset rigide qui inquiétera la médecine et le derrière est affublé d’un coussinet rembourré, le fameux « faux cul » qui marquera l’histoire.

Le costume de l’homme, quant à lui se différencie par sa sobriété, son uniformité et ses coloris sombres symbolisant le travail et la politique tout en affirmant sa position économique et sociale.
L’habit « Trois pièces » et le chapeau témoignent de cette assurance du nouveau monde en plein développement et resteront jusqu’à aujourd’hui encore les basiques du vestiaire masculin.